Page:Stendhal - Vie de Napoléon.djvu/336

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


habit, nous en avons de tout prêts dans des magasins ; tu ne t’ennuieras pas toujours. » Et lui-même, disaient les grenadiers, prêchait d’exemple ; il avait son chapeau tout raccommodé. Nous voyions bien tous qu’il avait l’idée de nous mener quelque part, mais il ne voulait rien dire de positif. Sans cesse on nous embarquait et l’on nous débarquait pour tromper les gens de l’île. » L’empereur fit raccommoder son chapeau à Grenoble où il pouvait en acheter un autre. L’empereur avait une redingote grise très mauvaise, boutonnée jusqu’au haut. Il était tellement gros et fatigué que souvent, en montant en voiture, on lui portait les jambes ; les Messieurs du village en concluaient qu’il était peut-être plastronné.

Au delà de La Verpillère, la voiture se trouvant arrêtée sur la route sans qu’il y eût ni gardes, ni paysans attroupés, il s’approcha de la voiture d’un négociant qui était aussi arrêtée[1]

  1. Passage projeté à Miribelle. Voitures chargées ; pas d’accident ; accident pour le comte d’Artois.