Page:Stendhal - Vie de Napoléon.djvu/44

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CHAPITRE XII


Le mélange de catholicisme et d’aristocratie qui aplatit nos âmes depuis deux siècles, nous rend aveugles aux conséquences du principe que je viens de rappeler. Sans entrer dans les petites objections qu’on fait à Napoléon sur sa conduite en Égypte, on a coutume de regarder comme ses plus grands crimes :

1° Le massacre de ses prisonniers à Jaffa.

2° L’empoisonnement de ses malades à Saint-Jean-d’Acre.

3° Sa prétendue conversion au mahométisme.

4° Sa désertion de l’armée.

Napoléon fit le récit suivant de l’événement de Jaffa à Mylord Ebrington, l’un des voyageurs les plus éclairés et les plus dignes de foi qu’il ait vus à l’île d’Elbe : « Quant aux Turcs de Jaffa, il est vrai que j’en fis fusiller à peu près deux mille[1]. Vous trouvez ça un peu fort ;

  1. Voir Las Cases.