Page:Stendhal - Vie de Napoléon.djvu/57

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CHAPITRE XVI


Au moment où le général Bonaparte accourut d’Égypte au secours de la patrie, le directeur Barras, homme excellent pour un coup de main, vendait la France pour douze millions à la famille exilée. Des lettres-patentes avaient déjà été expédiées pour cet objet. Il y avait deux ans que Barras suivait ce projet. Sieyès l’avait découvert pendant son ambassade à Berlin[1]. Cet exemple et celui de Mirabeau montrent bien qu’une République ne doit jamais se confier à des nobles. Toujours tendre à la séduction des titres, Barras osa confier ses desseins à son ancien protégé.

Napoléon avait trouvé à Paris son frère Lucien ; ils discutèrent ensemble les chances suivantes : il était évident que les Bourbons ou lui allaient monter sur le trône, ou bien il fallait reconstruire la République.

  1. Les intermédiaires de Barras étaient MM. David, Mounier, Tropès de Guérin, le duc de Fleury. Voir la Biographie moderne de Michaud, rapsodie précieuse par de tels aveux. Le Moniteur peint très bien l’avilissement, le désordre.