Page:Stendhal - Vie de Napoléon.djvu/69

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d’ennemis plus acharnés ; leur neutralité ne fut plus qu’un nom et la frontière la plus vulnérable fut entièrement découverte.

Les ressources de la France dans tous les genres étaient entièrement épuisées, et, ce qui est pire que tout le reste, l’enthousiasme des Français était éteint. Toutes les tentatives pour établir une constitution libre avaient manqué. Les Jacobins étaient méprisés, et détestés, à cause de leurs cruautés et de l’extravagance de vouloir établir une république sur le modèle antique. Les modérés étaient méprisés, à cause de leur incapacité et de leur corruption. Les royalistes, turbulents dans l’Ouest, se montraient, à Paris, comme de coutume, timides, intrigants et surtout lâches[1].

Si l’on excepte Moreau, aucun homme, après le général qui revenait d’Égypte, n’avait de réputation et de popularité ; et Moreau, à cette époque, voulait suivre le torrent, et, à toutes les époques, fut incapable de le conduire.

  1. Prudence. Surtout peu entreprenants. For me leur plus beau trait : cette conspiration de Lyon en 1817.