Page:Stevenson - Catriona.djvu/36

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très brave homme qui sera enchanté de vous loger. Et je vais gonfler vos poches avec le contenu de votre sac, car, pour toute cette affaire, je ne prendrai pas si cher que vous pensez, pas même pour la question de la traversée. »

Je lui fis signe que son clerc était à portée d’entendre.

« Bah ! Vous n’avez rien à craindre de Robbie, c’est un Stewart lui aussi, un vrai diable ! Il a fait plus de recrues et trafiqué avec plus de papistes qu’il n’a de cheveux sur la tête. C’est lui qui s’occupe de cette branche de mon métier. Qui avons-nous en ce moment pour traverser la mer, Rob ?

— Il y a Andie Scongal sur le Thristle, répliqua Rob aussitôt ; j’ai vu aussi Hoseason, mais je crois que son bateau est retenu. Puis Tam Stobo, seulement, je ne suis pas si sûr de Tam. Je l’ai vu en colloque avec de drôles de gens et s’il s’agissait de quelque chose d’important je ne m’adresserais pas à lui.

— Il s’agit d’une tête qui vaut deux cents livres, Robin, dit Stewart.

— Alors, ce ne peut être qu’Alan Breck ! s’écria le clerc.

— Tout juste, répondit son maître.

— Par tous les vents ! C’est sérieux, je vais voir Andie, alors, c’est lui qu’il vous faut.

— Il paraît que ce n’est pas une petite affaire ? dis-je.

— Monsieur Balfour, il n’y a pas de raison pour que cela finisse, je vous le dis.

— Votre clerc a prononcé tout à l’heure un nom qui m’est connu : Hoseason du brick le Covenant. Avez-vous confiance en lui ?

— Il ne s’est pas bien conduit avec vous et Alan, je le sais ; mais cependant, voici mon idée sur cet homme : s’il avait pris Alan à son bord à la suite d’une convention, je suis sûr qu’il n’aurait pas manqué à sa parole. Qu’en dites-vous, Rob ?