Page:Stevenson - Enlevé !.djvu/55

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Brodie. Après un très court séjour à Londres, le convalescent se rendit à Bournemouth et s’installa dans une maison meublée de Branksome Park.

Il semble qu’ainsi à portée de Londres, mêlé au mouvement littéraire anglais, ce séjour à Bournemouth eût dû être fécond pour Stevenson dont l’ami Colvin venait d’être nommé conservateur des imprimés au British Museum. Sa santé l’y priva de tout plaisir et le rendit presque incapable de tout travail. Il avait remporté avec Deacon Brodie un succès qui l’encourageait à écrire pour le théâtre. En quelques semaines, Beau Austin et Amiral Guinea furent mis au point en collaboration avec M. Henley, puis, devant la nécessité de besogne pressée et les difficultés de la mise en scène, abandonnés[1]. Les magazines réclamaient des manuscrits, des nouvelles, des contes de Noël, des articles. Aidé de Mme Stevenson, il se mit à écrire la deuxième série des Nouvelles mille et une nuits. Il commença aussi deux romans bientôt interrompus pour songer à Enlevé.

Ce premier hiver n’avait, en somme, pas été défavorable. Thomas Stevenson en était si heureux qu’il acheta à Bournemouth une maison dont il fit cadeau à sa belle-fille. On l’appela Skerrymore et on y transporta les livres et tous les objets qui garnissaient le chalet d’Hyères. Dès lors, Stevenson fut enchanté de son cabinet de travail. Il s’y sentait,

  1. Beau Austin fut joué à Haymarket en 1890.