Page:Stevenson - Le Mort vivant.djvu/214

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lord Bellew, je suis forcément amené à conclure que ceci ne peut être qu’une farce ! »

Pendant qu’il raisonnait ainsi, ses yeux tombèrent sur un objet qui lui parut une nouvelle confirmation de son hypothèse : à savoir, la pagode de cigares que Michel avait construite sur le piano. « Qu’est-ce que cela ? » se demanda Gédéon. Et, s’approchant, il démolit la pagode, d’un coup de poing, « Une clef ? se dit-il ensuite. Quelle singulière façon de la déposer là ! »

Il fit le tour de l’instrument, et aperçut, sur le côté, la serrure du couvercle. « Ah ! ah ! voici à quoi correspond cette clef ! poursuivit-il. Évidemment, ces deux farceurs auront voulu que je regarde à l’intérieur du piano ! Étrange, en vérité, de plus en plus étrange ! » Sur quoi, il tourna la clef dans la serrure, et souleva le couvercle.

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Dans quelles angoisses, dans quels accès de résolution fugitive, dans quels abîmes de désespoir Gédéon passa la nuit qui suivit, je préfère que mes lecteurs ne le sachent jamais.

La petite chanson des moineaux de Londres, le lendemain matin, le trouva épuisé, harassé, anéanti, et avec un esprit toujours vide du moindre projet. Il se leva, et, misérablement, regarda des fenêtres closes, une rue déserte, la lutte du