Page:Stevenson - Le Mort vivant.djvu/261

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à coup sûr beaucoup plus que vous ne méritez ! Mais maintenant, retournons bien vite au pavillon, puis chauffons le yacht et rentrons à Londres !

— Voilà qui est parfait ! s’écria Gédéon. Et demain il n’y aura plus de Jimson, ni de carriole, ni de piano ! Et quand ce brave homme se réveillera, il pourra se dire que toute l’affaire n’a été qu’un rêve !

— Oui, dit l’oncle Édouard, mais il y aura un autre homme qui aura un réveil bien différent ! Le gaillard qui a volé la carriole s’apercevra qu’il a été trop malin !

— Mon cher oncle, dit Gédéon, je suis heureux comme un roi, mon cœur saute comme une balle, mes talons sont légers comme des plumes ; je suis délivré de tous mes embarras, et je tiens la main de Julia dans la mienne ! Dans ces conditions, comment trouverais-je la force d’avoir de mauvais sentiments ? Non il n’y a de place en moi que pour une bonté angélique ! Et quand je pense à ce pauvre malheureux diable avec sa carriole, c’est de tout mon cœur que je m’écrie : « Que Dieu lui vienne en aide ! »

— Amen ! répondit l’oncle Édouard.