Page:Stevenson - Le Mort vivant.djvu/263

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seul de mes lecteurs de se plonger dans le crime à la légère, sans s’être suffisamment entouré de précautions : et j’aurai conscience de n’avoir pas travaillé en vain !

Le lendemain de la visite de Michel, quand Maurice se réveilla du profond sommeil du désespoir, ce fut pour constater que ses mains tremblaient, que ses yeux avaient peine à s’ouvrir, que sa gorge brûlait, et que sa digestion était paralysée. « Et Dieu sait pourtant que ce n’est pas à force d’avoir mangé ! » se dit l’infortuné. Après quoi il se leva, afin de réfléchir plus froidement à sa position. Rien ne pourra mieux vous dépeindre les eaux troublées où naviguait sa pensée qu’un exposé méthodique des diverses anxiétés qui se dressaient devant lui.

Aussi, pour la convenance du lecteur, vais-je classer par numéros ces anxiétés : mais je n’ai pas besoin de dire que, dans le cerveau de Maurice, elles se mêlaient et tournoyaient toutes ensemble comme une trombe de poussière. Et, toujours pour la commodité du lecteur, je vais donner des titres à chacune d’elles. Qu’on veuille bien observer que chacune d’elles, à elle seule, suffirait à assurer le succès d’un roman-feuilleton !

Anxiété n° 1 : Où est le cadavre ? ou le Mystère de Bent Pitman. C’était désormais chose certaine,