Page:Stevenson - Saint-Yves.djvu/43

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qu’en effet vous gardez celui de mon cousin Alain, ce qui, soit dit entre nous, n’est point ]a marque d’un patriotisme bien zélé.

— Je suis, avant toute chose, le notaire de votre famille ! répondit M. Romaine.

— En ce cas, dis-je, je vais, moi aussi, faire fond sur votre discrétion. Ce rocher est très haut, comme vous voyez, et très à pic ; et cependant j’espère me procurer bientôt une paire d’ailes qui pourront peut-être me transporter jusqu’au bas du rocher. Mais, une fois là, je suis sans ressources.

— Et peut-être est-ce précisément alors que nous pourrons vous aider, reprit le notaire. Supposons que, par des moyens que je ne cherche pas à deviner, et sur lesquels je n’exprime pas d’opinion… »

Mais, à cet endroit, je l’interrompis.

« Un mot avant de vous laisser continuer, dis-je. Je n’ai point donné ma parole de ne pas chercher à m’échapper d’ici !

— Voilà qui est parfait, répondit-il, encore que je connaisse certain gentilhomme français qu’une parole donnée dans de telles conditions n’embarrasserait guère !

— Monsieur, dis-je, je ne suis point de cette espèce-là !

— En vérité, je crois que vous n’en êtes pas ! dit le notaire. Donc, supposons que vous vous trouviez libre, et au pied de ce rocher ; bien que je ne puisse pas faire grand’chose pour vous, je puis cependant vous aider un peu dans votre voyage. En premier lieu, si j’étais vous, j’emporterais ceci sur moi, soit dans une poche intérieure, soit dans mon soulier ! »

Et il me tendit une liasse de banknotes.

« Voilà, en effet, qui ne saurait me nuire ! dis-je en cachant les papiers.

— En second lieu, reprit le notaire, je dois vous apprendre que la maison de votre oncle est très loin d’ici. Elle s’appelle Amersham Place, et se trouve près de Dunstable. Vous aurez à traverser une grande partie de