Page:Stevenson - Saint-Yves.djvu/89

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Allez et usez de cet argent avec tout le sens que vous possédez !

— Et voici, dit Flora, s’enhardissant pour la première fois à parler, voici, monsieur de Saint-Yves, un plaid qui pourra vous servir dans un si rude voyage ! J’espère que vous voudrez bien l’accepter des mains d’une amie écossaise ! » ajouta-t-elle. Et sa voix tremblait.

« Du véritable houx ; je l’ai coupé moi-même », dit Ronald. Et le brave garçon me présenta un bâton des plus respectables, en effet.

La formalité de ces cadeaux et les mouvements impatients de mon nouveau compagnon me criaient bien haut que j’avais à m’en aller. Je fléchis un genou devant la tante, en lui baisant la main. Puis je fis la même chose, mais avec une passion tout autre ! pour sa nièce ; et quant à Ronald, je le pris dans mes bras et l’étreignis avec une cordialité qui parut achever de lui ôter la parole.

« Adieu ! et adieu ! » dis-je.

Sur quoi je me résignai enfin à leur tourner le dos pour m’éloigner. Et à peine avais-je fait un pas, que j’entendis la porte du mur, derrière moi, se refermer impérieusement.