Page:Stirner - L’Unique et sa propriété.djvu/193

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ration vers une « conscience supérieure » que son activité de travail ne peut apaiser et qu’il satisfait à l’heure du repos. C’est pourquoi, à côté de son travail, il y a le repos et il se voit contraint de proclamer humains simultanément le travail et la paresse et même de considérer la fainéantise et le chômage comme la véritable noblesse du travail. Il ne travaille que pour se débarrasser du travail, il ne veut faire le travail libre que pour se faire libre du travail.

Bref son travail n’a pas un contenu qui le satisfasse parce que c’est la société seule qui le lui impose, ce n’est qu’un pensum, une tâche, une mission, et inversement, sa société ne le satisfait pas parce qu’elle ne lui donne qu’à travailler.

Le travail devrait le satisfaire comme homme : au lieu de cela il satisfait la société ; la société devrait le traiter en homme et elle le traite en travailleur gueux ou en gueux travailleur.

Le travail et la société ne sont pour lui que des utilités qui correspondent non pas à ses besoins d’ « homme », mais d’ « égoïste ».

Telle est la critique contre le régime du travail. Elle fait apparaître l’ « esprit », mène le combat de l’ « esprit contre la masse[1] » et déclare que le travail communistique est un travail sans spiritualité, accompli par les masses. Paresseuse comme elle l’est, la masse aime à s’alléger le travail. Dans la littérature livrée aujourd’hui à la masse, cette crainte du travail a engendré une évidente superficialité qui ne se donne plus la peine de l’ « observation ».

C’est pourquoi le libéral humain vous dit : vous voulez le travail, parfait ! nous le voulons également dans toute

  1. Lit. Ztg. v.