Page:Stowe - Marion Jones.djvu/43

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Adams sur tous ces symptômes qu’elle avait observés chez sa sœur, concluant par la demande de son avis sur les propriétés de l’absinthe et du chiendent.

La pauvre Marion avait ce jour même subi les tracasseries et les allusions de ses jeunes compagnes sur ses rapports avec Joseph Adams, la laissant bien convaincue que les pierres et les feuilles étaient dans la confidence de ses plus secrètes pensées, et qu’elle n’aurait bientôt plus rien de caché pour celui dont elle ignorait encore les intentions. Il trouverait bien certainement qu’elle se conduisait comme une sotte, il n’éprouvait pour elle sans doute qu’une amitié fraternelle, et elle ne voulait pour rien au monde qu’il soupçonnât qu’elle eût pour lui autre chose qu’une affection de sœur ou d’ancienne camarade. Elle était donc assise à son tricot, agitant ses aiguilles sans trop savoir ce qu’elle faisait, lorsque la voix stridente de Silence frappa son oreille.

— Marion, comment tournez-vous donc ce talon ! Pouvez-vous me dire ce que vous faites là ?

Marion laissa tomber son tricot, et s’enfuit dans une autre chambre.