Page:Sue - Le Juif errant - Tomes 9-10.djvu/432

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bonheur, dit à Faringhea, dont il pénétrait la trahison :

— Tu t’es ligué avec mes ennemis et je ne t’avais fait aucun mal… Tu es méchant, parce que tu es sans doute malheureux… Je veux te rendre heureux pour que tu sois bon. Veux-tu de l’or ? tu auras de l’or… Veux-tu un ami ? tu es esclave, je suis fils de roi, je t’offre mon amitié.

Faringhea avait refusé l’or et paru accepter l’amitié du fils de Kadja-Sing.

Doué d’une intelligence remarquable, d’une dissimulation profonde, le métis avait facilement persuadé de la sincérité de son repentir, de sa reconnaissance et de son attachement, un homme d’un caractère aussi confiant, aussi généreux que Djalma ; d’ailleurs, quels motifs celui-ci aurait-il eus de se défier désormais de son esclave devenu son ami ? Certain de l’amour de mademoiselle de Cardoville, auprès de laquelle il passait chaque jour, il eût été défendu, par la salutaire influence de la jeune fille, contre les perfides conseils ou contre les calomnies du métis, fidèle et secret instrument de Rodin, qui l’avait affilié à sa compagnie ; mais Faringhea, dont le tact était parfait, n’agissait pas légèrement ; ne parlait jamais au prince de mademoiselle de Cardoville, et atten-