Page:Sue - Les Mystères du peuple, tome 10.djvu/306

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son oraison les mains jointes ; ce que voyant le peuple, il n’y avoit grand ni petit qui ne pleurât à chaudes larmes et qui ne priât Dieu pour le roy que ledit peuple voyoit en si grande dévotion et faisant un si dévot acte et si digne de grande mémoire. Aussi, est-il à présupposer que ni juif, ni infidèle, voyant l’exemple du prince et de son bon peuple, ne se fût converti à la foi catholique. — Après, les Parlements, les huissiers devant, portant chacun une verge à la main ; les quatre notaires, les greffiers au criminel, vêtus de robes écarlates, ayant leurs chaperons fourrés ; Messieurs les présidents en manteaux, portant leurs mortiers, les maîtres des requêtes et conseillers en robes rouges. — Après, les généraux de la justice, des aydes et des monnoyes, les élus de Paris et du Châtelet ; messieurs des comptes et de la ville de Paris, ayant tous chacun un cierge blanc ardent en main, et vêtus de leur robe, mi-partie rouge et brun, couleurs de la ville. — Enfin, les archers, arbalestriers et hacquebutiers de Paris, vêtus de leurs hocquetons de livrées, tenant chacun une torche en sa main [1]. »

Où allait-il donc, ce cortège éblouissant des splendeurs de la royauté, traînant avec lui les reliques de saints, de saintes, de souverains, et jusqu’à ta prétendue couronne d’épines, ô Christ, ami des affligés, ennemi des faux prêtres et des hypocrites ?… Où il allait, ce cortège ?… Il allait voir supplicier des chrétiens qui confessaient l’Évangile de Jésus de Nazareth !…

La procession suivit la rue Saint-Honoré, la rue Saint-Denis, la rue Saint-Jacques la Boucherie, traversa le pont Notre-Dame, après s’être arrêtée devant le reposoir, au-dessus duquel on lisait, sur de nombreuses banderoles, cette funèbre devise, faisant allusion au supplice des hérétiques et à la durée de l’Église catholique :

  1. Histoire de la ville de Paris, par Félibien. — Vol. V, preuves, p. 545 à 547. — Cérémonial français, p. 940 et suivantes. — Registres du Parlement et de l’Hôtel-de-ville de Paris, auxquels dom Félibien, dans ce récit de la procession du 21 janvier, renvoie pour les preuves.