Page:Sue - Les Mystères du peuple, tome 12.djvu/18

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jusqu’à ce que autrement il ait été avisé par une paix générale et par les États généraux.

» Que les villes, places et forteresses qui seront réduites en notre obéissance seront commises par nous au gouvernement de nos bons sujets catholiques… sauf celles qui, par les édits, ont été réservées à ceux de la religion réformée (une place forte par bailliage).

» Que tous offices et gouvernements venant à vaquer ailleurs que dans les villes et places fortes qui sont au pouvoir de la religion réformée, il sera pourvu à ces offices par des personnes catholiques. »

Le rusé Gascon parvenait ainsi à satisfaire à peu près les exigences des catholiques du parti national et celles des protestants. Il était pour l’heure huguenot, ayant, depuis qu’il commandait les armées protestantes, abjuré le catholicisme, qu’il avait, à sa honte éternelle, embrassé peu de temps après la Saint-Barthélemy. Il promit aux catholiques de son armée de revenir de nouveau à l’Église de Rome, lorsqu’il serait suffisamment instruit et touché de la grâce d’en haut… et il disait en riant aux protestants de l’armée que, « — pour certain, ni l’instruction, ni la grâce ne lui viendraient jamais. » — Quoique sans nulle créance en sa foi religieuse, huguenots et catholiques, devant des extrémités terribles, durent se ranger autour de Henri IV ; il portait le drapeau de la France, opposé au sinistre drapeau de la Ligue, où se lisait écrit en traits de sang : Espagne, — Démembrement de la France, — Rome, — Inquisition, — Jésuites.

Henri IV, après sa déclaration du 4 août, reçoit les serments des chefs de l’armée royale et des troupes protestantes ; mais la Ligue refuse de reconnaître le pouvoir de ce roi hérétique, les moines prêchent l’assassinat contre lui, font appel à un nouveau Jacques Clément, et le premier est glorifié, canonisé par les catholiques. Le Béarnais, après une attaque infructueuse contre Paris, marche sur la Normandie. Dieppe lui est livré moyennant argent ; il commence