Page:Sue - Les Mystères du peuple, tome 12.djvu/41

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théologie, ladite Faculté sera prochainement assemblée pour délibérer sur la confirmation du décret d’icelle, du 13 décembre 1413, portant qu’il n’est pas loisible à aucun, pour quelque prétexte que ce soit et occasion qui puisse être, d’attenter aux personnes sacrées des rois [1]. »

La mort de Henri IV, ainsi que se l’étaient promis les bons pères de la compagnie de Jésus en armant l’assassin, conjura le danger dont Rome, l’Empire et l’Espagne se voyaient menacés par cette grande guerre… guerre sainte… trois fois sainte… celle-là ! Elle avait pour but : l’établissement de la république chrétienne et la paix perpétuelle de l’Europe… Ce nouveau meurtre, commis à la voix des fils de Loyola, eut, en ce siècle-ci, pour le malheur des peuples, d’incalculables conséquences ! Mais, tôt ou tard, le bien, le juste, triomphent du mal et de l’iniquité ; donc, fils de Joel, jamais de défaillance ! Voyez d’ailleurs cette nouvelle preuve de la marche irrésistible de l’esprit humain : au commencement du siècle dernier, Ignace de Loyola fonde sa compagnie ; il veut, et, après lui, elle veut enchaîner le monde au pouvoir unique, absolu, spirituel et temporel du pape de Rome ; l’accomplissement de cette œuvre est poursuivie par les jésuites avec un art infernal, par des moyens monstrueux. La plupart des nations frémissent, s’épouvantent, à ce point qu’au commencement de ce siècle-ci, un citoyen illustre, Sully, propose à son roi, qui l’accepte, le projet d’une vaste confédération protestante et républicaine, seule capable de combattre, de vaincre Rome, dont l’Espagne et l’Empire étaient les instruments et devaient être plus tard absorbés par un pouvoir théocratique absolu, selon la secrète pensée de la compagnie de Jésus. Ces bons pères ont pu tuer Henri IV d’un coup de couteau, ils n’ont pu tuer l’idée de Sully ; elle vivra, elle triomphera, parce qu’elle est conforme à la justice éternelle, qui veut la dignité, le bonheur, la liberté de l’homme. Oui, un jour, la

  1. Registre-Journal de Henri IV, roi de France et de Navarre, p. 604.