Page:Sue - Martin l'enfant trouvé, vol. 3-4.djvu/102

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la misère… Elle en a tant… de conséquences… la misère !… Oui, vous en aurez pitié… vous, jeunes femmes, qui, souriant devant votre miroir, vous plaisez à orner de fleurs et de pierreries votre belle chevelure,… ou bien,… coquetterie plus grande, à la laisser nue et sans parure…

Vous aurez pitié, vous, heureuses mères, si orgueilleuses des longues tresses qui couronnent le front angélique de l’enfant que vous embrassez si tendrement chaque soir…

Vous aurez pitié… vous, amants qui avez pressé sous vos lèvres ardentes les cheveux humides et parfumés de votre maîtresse…

Vous aurez pitié… vous enfin… qui aimez, qui respectez, qui adorez Dieu dans sa créature, et qui souffrez amèrement de tout ce qui la flétrit, la dépare et la dégrade.

· · · · · · · · · · · · · · · · · · ·

La petite représentation composée des exercices de la mère Major et de l’exhibition de l’homme-poisson avait été très-fructueuse.

Le lendemain matin nous partîmes au point du jour afin d’arriver le soir au bourg où nous devions trouver la nouvelle Basquine de la troupe.

Durant tout le jour Bamboche extravagua de bonheur, de joie et d’amour, il allait enfin revoir Jeannette… et elle ne devait plus quitter notre troupe.