Page:Sue - Martin l'enfant trouvé, vol. 3-4.djvu/148

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On verra ensuite :


Le fameux homme-poisson, pêché dans les eaux du fleuve du Nil, par un amateur. La nature a remplacé les bras de cet incroyable phénomène par de superbes nageoires ; il vit, couche, mange et dort dans l’eau, et ne se nourrit que de poissons vivants qu’il mangera crus et lui-même devant l’honorable société.
Ce grand phénomène est tellement doux, caressant et apprivoisé qu’il parle quatre langues : le français, le latin, le grec et l’égyptien du nil, son pays natal. Ceux de Messieurs les habitants qui voudront bien honorer l’homme-poisson de leur visite, pourront, à leur choix, lui adresser la parole dans l’une de ces quatre langues, et il leur répondra immédiatement.
La représentation sera terminée par un grand assaut d’armes entre la célèbre femme-hercule, et un prévôt des académies d’escrime de Moscou, de Constantinople, de Persépolis, de Caudebec, etc. etc.


La Levrasse ayant obtenu un emplacement convenable près des dernières maisons de la ville, du côté de Paris, nous avions établi notre camp dans cet endroit : une vaste tente couverte était destinée aux exercices, l’entrée réservée au public s’ouvrait au pied de tréteaux assez élevés, surmontés de différentes toiles peintes, dont la plus considérable représentait l’homme-poisson.

Notre voiture nomade, où nous logions tous, était placée derrière la tente, qui, prolongée dans cette partie et séparée de l’arène par un pan de toile, servait à la