Page:Sue - Martin l'enfant trouvé, vol. 3-4.djvu/230

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— Je te comprends… — répondit Bamboche, — tu as peut-être raison… C’est ma faute.

Et il baissa la tête avec accablement.

— C’est ma faute…

— Écoutez, — m’écriai-je, saisi d’une idée subite, — Bamboche disait ce matin que, parce qu’un homme riche lui avait refusé du secours et du travail après la mort de son père, il ne s’en suivait pas que tout le monde fût méchant… Eh bien ! allons dans une ville : sur cent personnes nous en trouverons bien une de compatissante ; nous lui dirons tout, et on aura pitié de nous…

— Martin a raison, n’est-ce pas, Bamboche ? — dit Basquine.

— Oui… si l’on nous refuse, nous frapperons à une autre porte ; il faudra bien que nous trouvions un bon cœur…

— Avec nos quatre pièces d’or, nous aurons de quoi vivre pendant quelques jours — repris-je, — et…

— Tonnerre de Dieu ! — s’écria Bamboche en frappant du pied avec désespoir.

— Qu’as-tu donc ?

— Ces pièces d’or… de peur de les perdre, je les avais mises sous une pierre dans un coin de la masure où elles sont restées… Nous voilà sans le sou…

— Silence,… — dis-je tout-à-coup à voix basse. — Écoutez, c’est le bruit d’une voiture…

— Ne bougeons pas qu’elle ne soit passée, — me dit Bamboche.