Page:Sue - Martin l'enfant trouvé, vol. 3-4.djvu/27

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pas de bruit, moi… je ne fais pas de bruit… du tout… du tout…

Et il sortit en répétant ces mots qu’il accompagna d’une grimace bizarre.

— C’est égal, — se dit la mère Major, l’air visiblement inquiet malgré sa dureté, et oubliant sans doute ma présence, — c’est égal, j’y vas aussi… c’est plus prudent… la Levrasse a ce soir quelque chose de mauvais dans l’œil.

Et, jetant le paquet de cordes qu’elle tenait sous son bras, elle s’avança vers la porte, me laissant désespéré, car c’était pour moi, pour avoir voulu faciliter mon évasion, que Bamboche allait subir une punition qui me semblait d’autant plus terrible qu’elle était plus mystérieuse.

Alors, saisissant la mère Major par le bras :

— C’est moi qui voulais me sauver… m’écriai-je, — c’est pour moi que Bamboche avait préparé la corde… c’est moi qui la lui avais demandée… c’est moi qui dois être puni.

— Ah ! tu voulais te sauver… toi ! c’est bon à savoir, — dit la mère Major, en m’examinant avec attention, — et ce brigand de Bamboche t’aidait… vous ne valez pas mieux l’un que l’autre. Vous voulez nous filouter l’état que nous vous donnons… mais, minute… je suis là !

Et, ce disant, la mère Major me laissa dans la chambre aux chevelures, et ferma la porte à double tour.

Dans mon désespoir, je me jetai sur le carreau, et fon-