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CHAPITRE IX.


les adieux.


Lors de la profanation de la tombe de la mère de Régina par le cul-de-jatte, j’avais soustrait un portefeuille contenant une grande quantité de lettres ainsi qu’une petite croix de fer bronzé et une médaille de plomb.

Afin d’atténuer à mes propres yeux ma honteuse action, j’avais fait un singulier compromis avec moi-même : je m’étais juré de ne lire ces lettres que le jour où Claude Gérard me reparlerait de mes confidences au sujet de Régina.

Peu de temps après l’un des derniers anniversaires auquel j’avais, selon ma coutume, assisté invisible, Claude Gérard me dit :

— Mon enfant… tu dois avoir à cette heure seize ou dix-sept ans… Il y a quelques années, tu m’as fait l’aveu de l’amour précoce que tu ressentais pour Mlle Régina. Cette passion, quoique explicable par l’influence des tristes exemples que tu avais eus sous les yeux dans ta première enfance, était si peu en harmonie avec ton âge, que je n’ai voulu ni t’en parler, ni t’en blâmer…