Page:Sue - Martin l'enfant trouvé, vol. 3-4.djvu/424

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poitrine : Amitié fraternelle à Martin. Et Martin… c’est moi.

Sans doute la sincérité de mon accent et les particularités que je citais, dissipèrent en partie les soupçons des habitants de la maison, car, après un nouveau conciliabule derrière les volets, la voix me dit :

— Savez-vous où est le cabaret des Trois-Tonneaux ?

— J’arrive à Paris aujourd’hui,… je vous l’ai dit. Je ne connais pas ce cabaret.

— À la barrière de la Chopinette, on vous l’enseignera… Les Trois-Tonneaux… ce n’est pas loin… De onze heures à minuit, vous y trouverez Bamboche ; il y va tous les soirs…

— Bamboche ne demeure donc pas ici ?

— Bonsoir…

Et la fenêtre se referma cette fois pour ne plus se rouvrir derrière le volet, malgré mes instances, mes prières, et je ne pus connaître la demeure de Bamboche.

Si incertaine que fût l’espérance qui me restait, j’y trouvais du moins la certitude que Bamboche était à Paris, et j’avais chance de le voir le soir même. Je revins auprès du cocher, et je lui dis :

— Savez-vous où est le cabaret des Trois-Tonneaux ? On m’a dit que ce n’était pas loin d’ici. Une fois arrivé à ce cabaret, vous pourrez donner à manger à vos chevaux… et manger vous-même.

— Le cabaret des Trois-Tonneaux ? je ne connais que ça, — me répondit joyeusement le cocher. — Le dimanche et le lundi soir, je stationne souvent à la porte. À la bonne heure, bourgeois, vous pourrez me faire attendre dans des endroits pareils tant qu’il vous plaira,