Page:Sue - Paula Monti, tome 1, 1845.djvu/125

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— Ah ! Charles… est-ce à vous de rappeler cette scène….

— Je ne suis pas dupe, madame, de votre feinte délicatesse… de vos beaux scrupules…. Il y a là-dessous… quelque intrigue… je la pénétrerai….

— De grâce, Charles, ne parlons pas de cela ici…. Adieu, mon père.

Après un moment de silence, Pierre Raimond dit à sa fille :

— Berthe… méritez-vous ce reproche ?

— Non, mon père… — répondit Berthe avec dignité.

— Je vous crois, mon enfant…. Maintenant, monsieur, écoutez-moi. Pendant quatre ans j’ai été votre dupe, j’ai cru ma fille heureuse ; aujourd’hui je sais la vérité… Berthe n’a pas au monde d’autre appui que moi… je suis infirme, pauvre, vieux… il n’importe, prenez garde….

— Des menaces, monsieur….

— Oui, notre position sera nette…. Dès aujourd’hui… je renonce aux secours que j’avais acceptés à la seule instance de ma fille….

— Il vous est plus commode d’être ingrat….

— Ingrat… parce que j’ai bien voulu ménager votre orgueil….

— Mon père….

— Ainsi, monsieur — dit Pierre Raimond — c’est de vous à moi, d’homme à homme, que vous me rendrez compte du bonheur de ma fi