Page:Sully Prudhomme - Œuvres, Poésies 1865-1866.djvu/53

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« — J’ai laissé ma sœur et ma mère
Et les beaux livres que j’ai lus ;
Vous n’avez pas de bru, mon père ;
On m’a blessé, je n’aime plus.

« — De tes aïeux compte le nombre :
Va baiser leurs fronts inconnus,
Et viens faire ton lit dans l’ombre
A côté des derniers venus.

« Ne pleure pas ; dors dans l’argile
En espérant le grand réveil.
— Ô père, qu’il est difficile
De ne plus penser au soleil ! »