Page:Sully Prudhomme - Œuvres, Poésies 1865-1866.djvu/88

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Que peuvent nos amis, ceux que l’orgie entraîne,
De nos soupirs cachés insouciants moqueurs ?
Ou ceux qui, délaissés, ressentent notre peine ?
Que peuvent-ils pour nous ? La gloire serait vaine
        À vous supplanter dans nos cœurs !


Les jeunes filles

        Chacune de nous est l’aînée
        De sœurs qui la supplanteront ;
Notre fleur d’oranger ne sera pas fanée
        Avant que leur seizième année
        Nous la demande pour leur front.

        Leurs jeux nous font encore envie,
        Ils vont nous être défendus ;
À de graves devoirs doucement asservie,
        S’éloigne de vous notre vie ;
        Peut-être ne rirons-nous plus…


Les jeunes gens

Puisque l’âge est passé des gaîtés familières,
Que la pudeur craintive a touché vos paupières