Page:Sully Prudhomme - Œuvres, Poésies 1872-1878.djvu/212

La bibliothèque libre.
Aller à la navigation Aller à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.
200
poésies diverses.


La nature et la tradition


Cariatides par le même


Sonnet


L’une aux cheveux flottants sous la rose et le lis,
Laissant rire à ses pieds le faune, aïeul de l’homme,
De son corps qui respire une verdeur de pomme,
Déploie ingénument les contours bien remplis.

L’autre aux cheveux tressés, drapée à larges plis,
Des chefs-d’œuvre de l’art trésorière économe,
Composant sa beauté des types qu’on renomme,
Offre aux yeux plus savants des traits plus accomplis.

Mais je ne sais des deux laquelle je préfère,
Laquelle est à mon cœur plus sacrée et plus chère,
Elles ont toutes deux la grâce et la fierté ;

Dans mon culte pieux l’une est à l’autre unie ;
Au front orné de fleurs j’aime la liberté,
Au front ceint du bandeau j’admire le génie.