Page:Sully Prudhomme - Poésies 1866-1872, 1872.djvu/151

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PRIÈRE AU PRINTEMPS


 
Toi qui fleuris ce que tu touches,
Qui, dans les bois, aux vieilles souches
          Rends la vigueur,
Le sourire à toutes les bouches,
          La vie au cœur ;

Qui changes la boue en prairies,
Sèmes d’or et de pierreries
          Tous les haillons,
Et jusqu’au seuil des boucheries
          Mets des rayons !

Ô printemps, alors que tout aime,
Que s’embellit la tombe même,
          Verte au dehors,
Fais naître un renouveau suprême
          Au cœur des morts !

Qu’ils ne soient pas les seuls au monde
Pour qui tu restes inféconde,