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HISTOIRE DES CANADIENS-FRANÇAIS

temps. Autrefois, on les condamnait aux galères ; à présent, on les dirige sur les colonies, où ils sont libérés dès leur arrivée, mais à condition de ne pas sortir du pays sans un permis spécial du roi. »

Une comédie, comme on en écrivait beaucoup à cette époque, fut jouée à Paris en 1734. Elle est intitulée Les Mariages de Canada. L’auteur ne risque point son nom, mais il est visible qu’il a puisé ses traits et ses anecdotes dans La Hontan, Le Sage, Lebeau et La Tour. Son canevas couvre par conséquent les années 1665-1734. Les petits vers en sont mal faits ; tout y est cru et brutal. Les personnages ont des états de service qui les recommandent peu à la révérence du public. Les anachronismes se succèdent de la première à la dernière scène. À peine débarqués à Québec, on range les émigrés par couples, (les femmes sont masquées) et « madame Bourdon » prononce les paroles sacramentelles. Les mariages ainsi faits passent pour bons et valables ; de suite, les femmes se dévoilent ; surprise agréable des uns ; dépit des autres ; une barque attend les époux ; on vogue « sur le Mississippi » et l’on se rend à dix, trente, cinquante lieues de Québec, en falbalas et en culottes de soie, défricher le sol, et construire une chaumière !