Page:Swift - Instructions aux domestiques.djvu/34

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Quand vos maîtres vont ensemble dîner en ville, ou en soirée, vous n’avez pas besoin de rester plus d’un au logis, et même il suffira d’un gamin, si vous en avez un, pour répondre à la porte et prendre soin des enfants, en cas qu’il y en ait. Qui de vous restera doit se décider à la courte-paille, et celui sur qui le sort tombera peut avoir pour consolation la visite d’une bonne amie, sans courir le danger d’être surpris avec elle. Ces occasions-là ne doivent pas se manquer, elles viennent trop rarement ; et rien ne périclite tant qu’il y a un domestique à la maison.

Quand votre maîtresse ou maître rentre, et a besoin d’un domestique qui se trouve être dehors, votre réponse doit être qu’il n’y a qu’une minute qu’il vient de sortir, demandé par un de ses cousins qui se meurt.

Si votre maître vous appelle par votre nom, et qu’il vous arrive de répondre à la quatrième fois, vous n’avez pas besoin de vous presser ; et si l’on vous gronde d’avoir tardé, vous pouvez très légitimement dire que vous n’êtes pas venu plus tôt parce que vous ne saviez pas ce qu’on vous voulait.

Quand vous êtes grondé pour une faute, en sortant de la chambre et en redescendant, murmurez assez haut pour être bien entendu ; cela fera croire que vous êtes innocent.

Quelle que soit la visite qui vienne en l’absence de votre maître ou maîtresse, ne chargez jamais votre mémoire du nom de la personne ; vous avez, ma foi, bien d’autres choses à vous rappeler. D’ailleurs, c’est