Page:Swift - Opuscules humoristiques - Wailly - 1859.djvu/108

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allant tout doucement pour l’essuyer, vous supposez que l’humidité de l’air avait dissous la colle ou le ciment, ce qui l’a fait tomber à terre ; ou bien, sitôt le malheur fait, vous pouvez couper les cordes qui retiennent le miroir à la boiserie, et le laisser tomber à plat, courir tout effrayée le dire à votre maîtresse, maudire le tapissier, et déclarer que peu s’en est fallu qu’il ne soit tombé sur votre tête. J’offre ces expédients dans le désir de défendre l’innocence, car certainement vous êtes innocente si vous n’avez pas cassé le miroir exprès, ce que je n’excuserais pour rien au monde, à moins de grands sujets d’irritation.

Huilez les pincettes, le poker et la pelle, jusqu’en haut, non-seulement pour les préserver de la rouille, mais pour empêcher les touche-à-tout d’user le charbon de votre maître en attisant le feu.

Quand vous êtes pressée, balayez la poussière dans un coin de la chambre, mais laissez le balai dessus, afin qu’on ne la voie pas, car cela vous déshonorerait.

Ne lavez jamais vos mains, ni ne mettez un tablier propre, que vous n’ayez fait le lit de votre maîtresse, de peur de chiffonner votre tablier ou de resalir vos mains.

Quand vous mettez la barre des volets de la chambre de votre maîtresse, le soir, laissez les fenêtres ouvertes pour que l’air frais puisse entrer, et que la chambre soit purifiée le matin.

En même temps que vous laissez les fenêtres