Page:Taché - Les histoires de M. Sulte, 1883.djvu/29

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facile de chasser le lapin que le loup, et M. Suite, ça n'est pas le loup.

Voyons cela. Le chapitre X de son troisième volume porte pour en-tête chronologique : “ 1625-1657 ” et pour titre : u On demande un clergé national. ” M. Suite y accuse les Jésuites d’avoir négligé l’instruction des enfants canadiens. “ Durant le dix-septième siècle, dit-il, nous n’avons pas eu de clergé canadien, grâce aux Jésuites. ” Le-chapitre I, du quatrième volume se rapporte à la période “ 1660- 665 ; ”—c’est là dedans que M. Suite nous fait lire, parlant de Mgr Laval : “ Il a toujours mis des obstacles à la création d’un clergé canadien.

Or, j’ai démontré tout le ridicule et toute la vilenie de ces assertions et de ces insultes, en signalant : 1® qu’au commencement de l’époque à propos de laquelle il exclame : “ on demande un clergé national ”, il n’y avait pas un enfant français, né dans le pays, qui fut âgé de plus de sept ans ; 2° qu’à la fin de la même période, celui qui devait être le .premier prêtre canadien était âgé de quinze ans et faisait alors ses études chez les Jésuites ; 3° qu’avant 1659, il n’y avait pas d’évêque en Canada et que les ordinations, au pays, commencèrent l’année même de l’arrivée de Mgr de Laval ; 4° que, dès 1663, beaucoup de jeunes Canadiens étaient déjà sortis instruits de chez les Jésuites,plusieurs après avoir fait un cours d’études classiques ; 5° que nous avons eu un clergé canadien dans le dix-septième siècle, grâce aux Jésuites et à Mgr de Laval.

Y ôtes-vous, M. Suite ?

Vraiment, ce M. Suite traite son public de la façon la moins respectueuse du monde : il se présente à lui dans un débraillé qui n’a pas d’excuse, et parait lui supposer une naïveté obtuse, impossible à concevoir.

La moyenne des garçons canadiens, dit M. Suite dans sa communication, âgés de seize à trente ans durant cette période (1659 à 1688), était de quatre cents. ” D’abord. M. Suite abuse de l’usage des moyennes, dans ce paragraphe,puis, en forçant la note jusqu’à comprendre garçons de trente ans, il se fourre les doigts dans le nez. Notre homme est toujours très positif et très monté : c’est ainsi que se présentait le baron de Crac ; mais cette illustre personnage n’a jamais eu la réputation d’être un homme fort sérieux ; au fait, c’est un mauvais modèle à imiter.

Non, M. Suite, de 1659 à 1688, la moyenne des nos-mariés, hommes, de seize à trente ans, n’a pas été aussi peu que quatre cents ; le chiffre minimum de cette période ne descend pas jusqu’à ce nombre. En 1659, première année delà période indiquée, les non-mariés, de seize à trente ans {garçons) devaient être au nombre de plus de quatre cents ; par le recensement de 1665, on voit qu’alors ils étaient 603, à ne comp-