Page:Taine - Les Origines de la France contemporaine, t. 8, 1904.djvu/116

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.
112
LA RÉVOLUTION


vince, pendant dix mois, quinze mois, deux ans, jusqu’à ce que la ville ou la province fût mangée, seuls armés, maîtres de l’habitant, usant et abusant à leur fantaisie des choses et des personnes. Mais ils étaient de francs bandits ; ils s’appelaient eux-mêmes écorcheurs, reîtres, aventuriers : ils ne se donnaient pas pour des philosophes humanitaires. D’ailleurs, au delà de la jouissance immédiate et personnelle, ils ne demandaient rien ; ils n’employaient la force brutale que pour assouvir leur avidité, leur cruauté, leur luxure. — Aux ravages de leurs convoitises privées, ceux-ci ajoutent un dégât plus vaste, la dévastation systématique et gratuite que leur commande la théorie antisociale dont ils sont imbus.