Page:Taine - Les Origines de la France contemporaine, t. 8, 1904.djvu/369

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LA FIN DU GOUVERNEMENT RÉVOLUTIONNAIRE


c’est la théorie anarchique et despotique ; c’est le Contrat social appliqué[1] ; c’est la dictature établie par des coups d’État, exercée par l’arbitraire, soutenue par la terreur ; c’est la continuité systématique et dogmatique des attentats contre les personnes, les propriétés et les consciences ; c’est l’usurpation de la minorité fanatique et tarée, qui depuis cinq ans saccage la France, et, sous prétexte de revendiquer partout les droits de l’homme, entretient exprès la guerre pour propager son système à l’étranger. Ce qui leur répugne en fait, c’est le Directoire et sa clique ; c’est Barras, avec sa cour de fournisseurs gorgés et de femmes entretenues ; c’est Reubell, avec sa famille de concussionnaires, sa morgue de parvenu et ses façons d’aubergiste ; c’est La Révellière de Lépeaux, avec sa vanité de bossu, ses prétentions de philosophe, son intolérance de sectaire, et sa niaiserie de pédant dupé. Ce qu’ils réclament à la tribune[2], c’est l’épuration administrative, la répression du tripotage et la fin des persécutions ; c’est, selon qu’ils sont plus ou moins vifs ou circonspects, la punition judiciaire ou la dépossession simple

  1. Mallet du Pan, II, 265 : « Non seulement on a écarté (à Paris) les républicains, mais même ceux des anciens Constituants connus ou décriés pour avoir pris une part trop essentielle à la première Révolution… Les choix sont tombés sur des hommes qui aspirent à la monarchie modifiée, non dénaturée. Les suffrages se sont également éloignés des royalistes, sectateurs de l’ancien régime et des contre-révolutions violentes. »
  2. Ib., II, 298 : « Ces députés n’attaquent pas une loi révolutionnaire, qu’on ne leur soupçonne le dessein d’anéantir les résultats de la Révolution, et toutes les fois qu’ils parlent de régler la République, on les accuse d’en vouloir à la République même. »