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POUR L’HISTOIRE

DE LA

SCIENCE HELLÈNE




INTRODUCTION
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1. J’appelle proprement science hellène celle qui naquit et grandit dans les pays de langue grecque, pendant la période d’environ trois siècles qu’embrasse leur histoire, depuis l’époque où finissent les âges légendaires jusqu’à celle où les conquêtes d’Alexandre agrandissent démesurément le domaine de l’hellénisme et provoquent, dès lors, sa complète transformation.

Cette période, qu’au reste il serait vain de vouloir limiter entre des dates précises, présente, en effet, des caractères aussi nettement tranchés pour l’histoire scientifique, que pour l’histoire politique, littéraire ou philosophique. Lorsqu’elle s’ouvre, il n’y a encore ni science ni même aucune idée de ce que peut ou doit être la science ; lorsqu’elle se ferme, deux immortels monuments sont debout, deux modèles devant lesquels toute l’antiquité s’inclinera désormais : les œuvres d’Hippocrate pour la médecine ; celles d’Aristote pour toutes les sciences physiques et naturelles, bien plus, pour l’universalité des connaissances théoriques, les mathématiques mises à part.

Au même temps, et ce n’est pas une des moindres raisons pour clore cette période, deux disciples d’Aristote, Théophraste et Eudème, écrivaient pour la première fois des histoires des sciences, en sorte que les renseignements que nous possédons sur les