Page:Tastu - Poésies nouvelles, 3ème édition, 1838.djvu/229

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LE TEMPS.



Oh ! pourquoi de ce Temps, l’étoffe de la vie,
Ne pouvons-nous, dis-moi, jouir à notre envie,
Sans le déchirer par lambeau ?
Des trois formes qu’emprunte une essence commune,
Passé, présent, futur, l’homme n’en connaît qu’une
Du sein maternel au tombeau.

Des uns, toute la vie est dans l’instant qui passe ;
Cœurs étroits, où jamais ne saurait trouver place
Ce qui fut, ou n’est pas encor ;
Perdant toute leur pourpre en mesquines parcelles,
Tout leur foyer en étincelles,
En oboles tout leur trésor !

Avides du lointain où leur regard se plonge,
Ceux-ci laissent glisser les heures comme un songe
Qui s’efface du souvenir ;
Leur présent incompris n’est qu’une longue aurore,
Que ne suit pas le jour, que l’attente dévore ;
Ils existent dans l’avenir.