Page:Taxil - Confessions d'un ex-libre-penseur - 1887 - Letouzey et Ané - 6e édition.djvu/388

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— Il ne parlera pas !

Le président et ses assesseurs donnent leur démission de membres du bureau. L’assemblée les remplace par trois ligueurs qui sont d’avis que je dois parler.

J’étais très ému. Beaucoup de ceux qui m’injuriaient étaient encore mes amis quelques jours auparavant. J’avais le cœur brisé ; car il m’en coûtait de rompre désormais avec les ligueurs qui, pour la plupart, sont de braves gens, bons pères de famille. Je me maudissais de les avoir tant trompés ; je souffrais de me sentir, pour une grande part, la cause de leur aveuglement.

Ce fut, avec les yeux pleins de larmes, que je leur exprimai la reconnaissance éternelle que je leur garde de n’avoir jamais cru aux calomnies maçonniques concernant ma probité.

— Alors, pourquoi nous reniez-vous ? répliquaient-ils.

— Je ne vous renie pas comme amis ; mais je ne puis plus faire cause commune avec vous comme ligueurs, puisque je suis convaincu que j’ai, trop longtemps, hélas ! marché dans une fausse voie… Quant à vous, s’il est vrai que ma rétractation publique