Page:Textes choisis (Leonardo da Vinci, transl. Péladan, 1907).djvu/88

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délecte, sans l’entendre prononcer, parle-lui en avançant plusieurs raisonnements et aussitôt que tu le verras devenir attentif, sans bâillements ni froncements des sourcils, et autres expressions variées, sois certain que la chose dont il s’agit est celle qui lui plaît. (G. 49, r.)

128. — Syllogisme : parler douteux. Sophisme : parler confus, le faux pour le vrai. Théorie : science toute pratique. (F. 96, v.)

129. — Je sais que beaucoup diront que c’est œuvre inutile, et parole qui rentre dans l’ordre dont Demetrio prétendit qu’il ne fallait pas tenir plus de compte que du vent qui dans leur bouche formait la parole, que l’autre vent qui vient de la partie de dessous.

Les hommes qui ne désirent que richesses matérielles et plaisirs sont entièrement privés de la richesse de la sagesse, aliment et seul réconfort certain de l’âme. Car si l’âme est plus digne que le corps, la richesse de l’âme l’emporte sur celle du corps.

Et souvent quand je vois quelqu’un de ceux-là prendre une œuvre en main, je doute si, comme le singe, il ne va pas la porter à son nez et demander si c’est une chose qui se mange. (C. A. 119, r.)

130. — Les bonnes lettres sont nées d’un bon naturel, et comme la cause est plus digne que l’effet, un bon naturel sans lettres vaut mieux qu’un lettré sans naturel. (C. A. 76, r.)