Page:Textes choisis (Leonardo da Vinci, transl. Péladan, 1907).djvu/99

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toujours où manque la raison la dissertation y supplée, ce qui n’arrive pas pour les choses certaines. Nous dirons donc que là où on ergote, il n’y a pas de vraie science : car la vérité n’a qu’un seul terme et ce terme une fois trouvé, le litige se trouve détruit à jamais. S’il peut renaître, il s’agit d’une science bavarde et confuse et non de certitude née.

Les vraies sciences sont celles que l’expérience a fait pénétrer par les sens et qui imposent silence à la langue des argumentateurs et qui ne nourrit pas de songes ses investigateurs, mais sur les premiers et vrais principes connus procède successivement et avec une vraie suite arrive à conclure, comme on le voit, dans les mathématiques. (LU. 33.)

145. — La science est le capitaine et la pratique représente les soldats. (I. 30, r.)

146. — Il faut décrire la théorie et puis la pratique. (R. 110.)

147. — Étudie d’abord la science, et puis tu suivras la pratique, née de cette science. (LU. 405.)

148. — Ceux qui s’entêtent de pratique sans science sont comme des marins montant sur un navire sans timon ni boussole et qui ne savent jamais avec certitude où ils vont.

Toujours la pratique doit être édifiée sur la bonne théorie. (G. 8, r.)

149. — La science des poids est contredite par la pratique qui, en bien des cas, ne s’ac-