Page:Théâtre de Plaute, Panckoucke, tome 2.djvu/119

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LYCONIDE.

Que veux-tu ? le mal est fait. Le passé n’est pas en notre puissance. Les dieux sans doute l’ont voulu ; car sans leur volonté, cela ne serait pas arrivé.

EUCLION.

Mais les dieux veulent aussi, je pense, que je te fasse mourir chez moi à la chaîne.

LYCONIDE.

Qu’est-ce que tu dis là ?

EUCLION.

N’était-elle pas à moi ? De quel droit y as-tu touché sans ma permission ?

LYCONIDE.

Accuse-s-en l’ivresse et l’amour.

EUCLION.

Effronté scélérat ! oses-tu bien me tenir ce langage ? Qu’on reçoive en droit de pareilles excuses, vous irez maintenant arracher aux femmes leurs joyaux en plein jour ; et puis, si vous êtes pris, vous direz, pour vous excuser, que vous étiez ivres et amoureux. Le vin et l’amour n’ont plus de prix, s’ils autorisent à tout faire avec impunité.

LYCONIDE.

Non ; je te prie de me pardonner mon égarement.

EUCLION.

Je ne me paie pas de ces excuses qu’on prodigue quand on a fait le mal. Tu savais qu’elle ne t’appartenait pas ; tu ne devais pas y toucher.