Page:Théâtre de Plaute, Panckoucke, tome 2.djvu/165

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rien ; ses coups ne vous feront pas de mal : ils glissent dans le vide, et remplissent des cavités. Que vous êtes bons, et que vous méritez bien la faveur des dieux !

Voilà le silence qui règne, les enfants se taisent. Écoutez le nouvel orateur d’un spectacle nouveau. Vous voulez savoir qui je suis, pourquoi je viens ? — Je vais vous satisfaire en deux mots, et vous dire aussi le titre de la comédie ; donnez-moi donc audience. Je suis dieu de la nature, père nourricier du grand Bromius, ce conquérant que suivaient des bataillons féminins ; à tous ses exploits vantés par des peuples fameux, mes conseils eurent grande part ; sa volonté est toujours conforme à la mienne : c’est juste, un dieu doit de la déférence à un dieu ? On m’appelle le vieux cavalier d’Aliboron parmi les troupes d’Ionie, parce que je chemine sur un coursier grisonnant. Vous savez qui je suis, retenez bien ; mais pas assez cependant pour m’empêcher de vous annoncer le titre de cette grande pièce, et d’expliquer le motif de ma venue.

« Philémon donna jadis une comédie. Les Grécisans la nomment les deux Évantides, mais Plaute le Latin l’intitule les deux Bacchis. Mon apparition ici n’a donc rien d’étonnant : c’est Bacchus qui vous envoie les Bacchis, bacchantes faisant leurs bacchanales ; et je vous les apporte. Ah ! je mens. c’est mal à un dieu. Pour dire le vrai, ce n’est pas moi qui les porte, c’est mon âne, un âne d’esprit. Mais il est fatigué, car, si je ne vous trompe pas, nous sommes trois sur son dos : il n’y a que moi de visible. Or çà, considérez ce que j’apporte en paroles ;