Page:Théâtre de Plaute, Panckoucke, tome 2.djvu/221

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qu’il vienne retirer l’étourdi de ce bourbier, de cette fange.

(II sort.)


Scène 2

MNÉSILOQUE, seul.

Plus je médite, et plus je suis convaincu que l’ami véritable, ami dans toute la force du terme, ne le cède qu’aux dieux : j’en fais moi-même l’épreuve. Pendant mon voyage à Éphèse, où je suis resté près de deux ans, j’écrivis à mon ami Pistoclère de se mettre à la recherche de Bacchis, et il l’a retrouvée ; Chrysale vient de me l’apprendre. Et celui-ci, le bon tour qu’il a joué à mon père, pour me procurer de l’or et pour servir mes plaisirs ! Il en aura le prix ; c’est bien juste. Par Pollux ! il n’y a rien de plus misérable, à mon sens, qu’un ingrat. Mieux vaut laisser l’offense impunie que le bon office sans récompense. Qu’on me donne le nom de généreux, jamais celui d’ingrat. L’un attire les louanges des gens de bien, l’autre la haine seule des méchants. Attention, donc, Mnésiloque ; observe-toi. La lice est ouverte, on te regarde, il faut te faire connaître. Tu vas montrer si tu fais ton devoir. Seras-tu bon ou mauvais ? équitable ou injuste ? avare ou libéral ? aimable ou odieux ? Choisis. Dans ce combat de bons procédés ne te laisse point surpasser par tout esclave. Quelle que soit la conduite,