Page:Théâtre de Plaute, Panckoucke, tome 2.djvu/237

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Acte III, Scène IV.

MNÉSILOQUE, seul, parlant avec une extrème agitation.

(Il est accompagné de plusieurs esclaves qui portent son bagage.)

Un ami ! une maîtresse !… Qu’on me dise lequel des deux est mon plus cruel bourreau ?… Elle le préfère ; qu’elle le garde. J’en suis ravi… Elle en agir ainsi ! Ah ! par Hercule ! malheur… à moi. Je veux qu’on ne me croie désormais ni sur parole ni sur serment, si je ne suis animé pour l’infâme… de l’amour le plus ardent. Non, elle n’aura pas trouvé sa dupe. Je cours chez mon père,… et je lui déroberai tout ce que je pourrai pour le donner à Bacchis… II faut une vengeance terrible. Il faut la persécuter au point… que mon père soit réduit à la mendicité. Mais suis-je maître de mes sens ? ai-je ma raison, de former de tels projets, et de tenir ces discours ? J’aime, ah ! oui, j’aime ; voilà ce qui est certain pour moi. Mais plutôt que de contribuer par mes dons à l’enrichir de la valeur d’un fétu, j’aimerais mieux surpasser en misère les plus misérables mendiants. Non, par tous les dieux ! je ne lui apprêterai pas à rire. Ma résolution est prise ; je vais restituer tout l’or à mon père. Quand j’aurai les mains nettes, et que je ne possèderai plus rien, elle viendra me cajoler ; et ses cajoleries ne feront pas plus auprès de moi, que si elle chantait auprès du tombeau d’un mort des chansons. J’aimerais mieux périr de misère à la petite. C’est bien arrêté : je rends l’or à mon père ; et en même temps j’obtiendrai comme une