Page:Théâtre de Plaute, Panckoucke, tome 2.djvu/25

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Scène II

EUCLION, STAPHYLA.



euclion, à part.

Je sors à présent, l’esprit plus dégagé. Je me suis assuré là dedans que tout est bien en place. (A Staphyla) Rentre maintenant, et garde la maison.


staphyla, ironiquement

Oui, garder la maison ; est-ce de crainte qu’on n’emporte les murs ? car, chez nous, il n’y a pas d’autre coup à faire pour les voleurs : la maison est toute pleine de rien et de toiles d’araignées.


euclion.

C’est étonnant, n’est-ce pas, que Jupiter ne m’ait pas donné, pour te faire plaisir, les biens du roi Philippe ou ceux du roi Darius, vieille sorcière ! Je veux qu’on garde les toiles d’araignées, moi. Eh bien, oui, je suis pauvre. Je me résigne ; ce que les dieux m’envoient, je le prends en patience. Rentre, et ferme la porte. Je ne tarderai pas à revenir. Ne laisse entrer personne ; prends-y garde. Éteins le feu, de peur qu’on n’en demande ; on n’aura plus de prétexte pour en venir chercher. S’il reste allumé, je t’étoufferai à l’instant. Dis à ceux qui demanderaient de l’eau, qu’elle s’est enfuie. Les voisins empruntent toujours quelque ustensile, comme cela ; c’est un couteau, une hache, un pilon, un mortier. Tu diras que les voleurs nous ont tout pris. Enfin je veux qu’en mon absence personne ne s’introduise ;