Page:Théâtre de Plaute, Panckoucke, tome 2.djvu/303

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patrie de Priam, cette Pergame bâtie par une main divine : encore leur fallut-il des armes, des bataillons, de braves guerriers, mille vaisseaux, et dix années pour en venir à bout. Qu’était-ce que les ravages d’Achille ? Voyez, moi, comme je vais prendre d’assaut mon vieux maître, sans flotte, sans armée, sans tout cet attirail de soldats. Nous avons déjà une capture : ma victoire enlève au père son or pour les amours du fils. N’est-ce pas le moment d’entonner la complainte, en attendant que le vieillard paraisse. (Il chante :) "O Pergame ! ô patrie ! ô Troie ! ô Priam !" Pauvre barbon, ton heure est venue. Tu seras dépouillé de quatre cents Philippes d’or. Ces tablettes que j’ai là bien scellées et cachetées, ce n’est pas une simple missive, c’est le cheval de bois, stratagème des Grecs. Pistoclère, qui nous a tout fourni, est notre Epius. Mnésiloque est Sinon, qu’on laisse en arrière. Le voyez-vous d’ici en ce moment couché, non sur le tombeau d’Achille, mais sur un bon lit, et Bacchis à ses côtés ? L’autre Sinon alluma des feux pour signal, celui-ci brûle lui-même pour sa maîtresse. Et moi, je suis Ulysse qui mène toute l’entreprise. Les caractères tracés là-dedans sont les soldats enfermés dans le cheval de bois, bien armés, bien animés. La ruse nous réussit de même, et mieux encore jusqu’à présent. Notre cheval, au lieu d’une forteresse, attaquera le coffre-fort. Il porte en ses flancs la déconfiture, la ruine du vieillard ; il va lui arracher son or. Notre vieux benêt, je l’appelle Ilion ; le militaire est Ménélas ; et moi, Agamemnon et Ulysse tout ensemble. Mnésiloque est Pâris. Ne doit-il pas causer la ruine de soit