Page:Théâtre de Plaute, Panckoucke, tome 2.djvu/305

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père et de leur maison ? C’est lui qui a ravi la belle Hélène, pour laquelle j’assiège Pergame. On dit qu’Ulysse était hardi et rusé comme moi. J’ai été pris comme lui un moment. Tandis que, sous les habits d’un mendiant, il cherchait à dérober la destinée d’Ilion, il manqua d’être découvert et de périr. Moi, j’ai couru aujourd’hui même chance. On m’a lié, garrotté. Mon adresse m’a tiré d’embarras, comme il se sauva grâce à la sienne. Par un arrêt du ciel, trois choses devaient être fatales à Pergame : l’enlèvement du Palladium, la mort de Troïle, la démolition de la muraille au dessus de la porte Scée. Il y a aussi trois fatalités pour notre vieil Ilion. D’abord, par un mensonge au sujet de son hôte, et de l’argent et du vaisseau, je lui ai ravi le Palladium. Restaient encore deux conditions fatales, pour prendre la place. En remettant les tablettes au vieillard, j’ai tué Troïle. Lorsque je lui ai fait accroire que Mnésiloque était avec la femme du militaire, je me suis tiré, non sans peine, d’un mauvais pas. J’étais en grand péril, comme Ulysse, quand Hélène le reconnut et le mit en la puissance d’Hécube. Mais le matois sut emmieller si bien ses paroles, que la reine se laissa persuader, et qu’il eut sa liberté. Et moi aussi, j’ai sit par finesse me délivrer du danger et duper le vieillard. Ensuite, il a fallu livrer bataille au terrible militaire, qui prend les villes en paroles sans dégainer ; il a été repoussé. Puis, j’attaque le vieillard, mensonge en avant ; d’un seul coup j’abats l’ennemi et j’emporte des dépouilles opimes. Il donnera au militaire les deux cents Philippes qu’il a promis. Mais, en réjouissance de la prise