Page:Théâtre de Plaute, Panckoucke, tome 2.djvu/41

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il veut le dévorer. D’une main il tient une pierre, tandis que de l’autre il me montre du pain. Je ne me fie pas à un riche prodigue de paroles flatteuses envers un pauvre. Partout où il met la main obligeamment, il porte quelque dommage. Nous connaissons ces polypes, qu’on ne peut plus arracher, une fois qu’ils se sont pris quelque part.


Mégadore.

Écoute-moi un moment, Euclion ; je veux te dire deux mots sur une affaire qui t’intéresse comme moi.


Euclion.

Pauvre Euclion ! ton or est pillé. On veut composer avec toi, c’est sûr. Mais courons voir au plus tôt.


Mégadore.

Où vas-tu ?


Euclion., s’en allant.

Je reviens dans l’instant. J’ai affaire à la maison.

(Il sort.)


Mégadore., seul.

Quand je lui demanderai sa fille en mariage, sans doute il croira que je me moque de lui. Il n’y a pas de mortel plus pauvre et qui vive plus pauvrement.


Euclion., à part.

Les dieux me protègent, elle est sauvée. Sauvé est ce qui n’est pas perdu. J’ai eu une belle peur, avant d’avoir vu là dedans ; j’étais plus mort que vif. (À Mégadore) Me voici revenu, Mégadore ; je suis à toi.