Page:Théâtre de Plaute, Panckoucke, tome 2.djvu/85

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EUCLION, à part.

Comme il connaît bien les habitudes de nos fières matrones ! Si l’on m’en croyait, on le nommerait préfet des mœurs pour les femmes.

MÉGADORE.

À présent il n’y a pas de maison de ville où l’on ne trouve plus de chariots, qu’il n’y en a dans celles des champs. Mais ce train est fort modeste encore, en comparaison des autres dépenses. Vous avez le foulon, le brodeur, le bijoutier, le lainier, toutes sortes de marchands, le fabricant de bordures pailletées, le faiseur de tuniques intérieures, les teinturiers en couleur de feu, en violet, en jaune de cire, les tailleurs de robes à manches, les parfumeurs de chaussures, les revendeurs, les lingers, les cordonniers de toute espèce pour les souliers de ville, pour les souliers de table, pour les souliers fleur de mauve. Il faut donner aux dégraisseurs, il faut donner aux raccommodeurs, il faut donner aux faiseurs de gorgerettes, aux couturiers. Vous croyez en être quitte ; d’autres leur succèdent. Nouvelle légion de demandeurs assiégeant votre porte ; ce sont des tisserands, des brodeurs de robes, des tabletiers. Vous les payez. Pour le coup vous êtes délivrés. Viennent les teinturiers en safran, ou quelque autre engeance maudite, qui ne cesse de demander.

EUCLION, à part.

J’irais l’embrasser, si je ne craignais d’interrompre cette excellente censure des femmes. Il vaut mieux l’écouter.

MÉGADORE.

Quand on a satisfait tous ces fournisseurs de colifichets,