Page:Théâtre de Plaute, Panckoucke, tome 2.djvu/89

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rang. Mais chez moi, Mégadore, et chez tous les pauvres comme moi, il n’y a pas plus d’aisance qu’on ne croit.

MÉGADORE.

Ne te fais pas si pauvre ; et veuillent les dieux augmenter de plus en plus le bien que tu possèdes

EUCLION, à part.

Le bien que tu possèdes ! ce mot ne me plaît pas. II sait ce que j’ai, comme moi-même. La vieille m’a trahi.

MÉGADORE, à Euclion, qui s’est détourné.

Pourquoi donc te séparer de notre sénat ?

EUCLION.

Je m’apprêtais à te faire des reproches. Tu en mérites.

MÉGADORE.

Et pourquoi

EUCLION.

Tu demandes pourquoi, lorsque tu remplis de voleurs tous les coins de ma pauvre maison ? lorsque tu amènes chez moi une armée de cuisiniers, race de Géryon, pourvus chacun de trois paires de mains. Argus qui était tout yeux, et à qui Junon commit la garde d’Io, Argus lui-même ne suffirait pas à les surveiller. Et pour renfort, une joueuse de flûte, capable à elle seule d’épuiser la fontaine corinthienne de Pirène, s’il en coulait du vin. Pour les vivres…

MÉGADORE.

Il y a de quoi nourrir une légion. D’abord j’ai envoyé un agneau.