Page:Thackeray - La Foire aux Vanites 2.djvu/238

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qui expriment la violence de l’ouragan. Ainsi s’achève la troisième syllabe.

Il existait alors un ballet nommé le Rossignol, dans lequel Montessu et Noblet s’étaient fait une réputation, et que M. Wagg avait transporté sur la scène anglaise en le métamorphosant en opéra, et en adaptant aux airs du ballet des vers de sa façon, comme il savait les faire. Ce ballet fut exécuté avec les costumes français à l’ancienne mode ; le petit lord Southdown arriva sur la scène avec l’accoutrement d’une vieille femme et s’appuyant sur la canne de rigueur.

Une fraîche et pure mélodie sortait d’une cabane de carton entourée de roses et de treillage.

« Philomèle, Philomèle, » s’écrie la vieille, et Philomèle apparaît aussitôt.

Tonnerre d’applaudissements ! Philomèle n’est autre que mistress Rawdon, qui, les cheveux poudrés et des mouches sur la figure, a l’air de la plus ravissante petite marquise que l’on puisse imaginer.

Philomèle arrive toute rayonnante de joie, et fredonne un air des plus vifs avec cette innocence qui caractérise les vierges de théâtre ; Philomèle fait une révérence.

« Pourquoi, mon enfant, lui dit sa mère, êtes-vous donc toujours à rire et à chanter ? »

Aussitôt elle répond par de nouveaux accords :

LA ROSE SUR LE BALCON.

Sur le balcon voyez ma rose,

Ma jeune rose qui rougit :

Sous les pleurs dont le ciel l’arrose

En s’éveillant elle sourit.

Les vents d’hiver l’ont effeuillée ;

Mais le printemps qu’elle invoquait

Rend à sa tige dépouillée

Sa rouge fleur, son vert bouquet.

D’où vient à son calice une si fraîche haleine ?

D’où vient à son beau front cette pourpre soudaine ?

C’est que le gai soleil brille de feux nouveaux,

C’est qu’on entend dans l’air la chanson des oiseaux.

Le rossignol, qui du bocage

Charme l’écho mélodieux,